• Le geste théâtral : entre présentation et symboles

    JEAN-FREDERIC CHEVALLIER

    Essai publié dans la revue L'Annuaire Théâtral n° 36, Ottawa, Automne 2004. pp. 27-43.

    Université d'Ottawa. ISBN: 0-88927-201-8.

     

    Theoretical texts

     

     

    Dans quelle mesure le théâtre d'aujourd'hui peut-il être regardé comme un acte de présentation au cours duquel acteurs et spectateurs participent de la constitution de symboles inédits? Et, pourquoi apparaît-il nécessaire de l'envisager de la sorte? En effet, depuis peu, quelque chose dans la pensée du théâtre a changé. Jusqu'alors, l'expression adéquate pour qualifier la nouveauté mise en œuvre par les pratiques scéniques les plus contemporaines était celle de « crise du drame ». Il s'agissait d'une caractérisation négative : ce que le théâtre d'aujourd'hui n'est plus... Or, si l'on met en relation de récents textes théoriques (comme Le théâtre est-il nécessaire? de Denis Guénoun ou Le théâtre postdramatique de Hans-Thies Lehmann) avec d'autres écrits moins récents (en particulier l'introduction de Gilles Deleuze à Différence et répétition (1968 : 7-41) et un chapitre Des dispositif pulsionnels de Jean-François Lyotard intitulé «La dent, la paume» (1973: 95-104)), il devient possible de proposer des caractérisations positives : ce que le théâtre d'aujourd'hui est... On observe en effet une modification de paradigme, ou, si le terme paradigme convoque trop de fixité; on assiste à un déplacement de préoccupation. Et une formulation succincte pour décrire ce déplacement pourrait être la suivante : l'on est passé du représenter au présenter. En d'autres termes encore : la « crise du drame » n'est pas exactement la crise de l'action, mais bien plutôt la mise en crise de la représentation de l action.

     

    Ce que prétend le plateau, ce n'est plus tant représenter une grande action unique mettant en conflit, selon une ligne « destinale », plusieurs personnages, mais bien plutôt présenter... présenter ou exhiber quelque chose de l'existence humaine (Guénoun, 1997), répéter les mouvements de la vie même (Deleuze, 1968), « produire la plus haute intensité (par excès ou par défaut) de ce qui est là, sans intention » (Lyotard, 1973 : 104). Pour y parvenir, la fable dans le premier cas, le concept dans le second, le signe signifiant dans le troisième ne sont plus des médiations nécessaires. Il faut toutefois s'entendre sur cette première idée : il ne s'agit pas exactement d'affirmer que, sur la scène du théâtre, il n'y a plus (ou il ne doit plus y avoir) d'histoire représentée. Il est davantage question de reconnaître que ce sur quoi les pratiques scéniques contemporaines, mais aussi les pratiques spectatoriales, portent leur attention ne concerne plus - ou moins qu'avant - la grande action représentée, son déroulement téléologique et les personnages qui y prennent part. Ces éléments sont souvent présents sur le plateau, mais ce n'est pas sur eux que se concentrent les regards, comme ce n'est plus par leur entremise que la salle entre en relation avec la scène.

     

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